Qu’est-ce qu’un minaret ?
Minaret (arabe: «phare») est un élément de l'architecture religieuse islamique. C’est une tour traditionnellement utilisée par un muezzin, ou pour appeler les fidèles à la prière cinq fois par jour. Les minarets sont toujours liés à une mosquée, parfois par un passage surélevé.
À l'époque du prophète Mohammed, l'appel à la prière a été fait du toit le plus haut dans les environs de la mosquée. Les premiers minarets en tant que telles ont été érigés par les anciens grecs sous forme de tours de guet ou les tours des églises chrétiennes. Aujourd'hui, les appels à la prière sont généralement effectués dans la salle de prière à travers un haut-parleur, et les minarets servent essentiellement comme un élément décoratif. Le plus ancien minaret dans le monde est à Kairouan, en Tunisie. Construit entre 724 et 727, il a une forme carrée massive. Le plus haut minaret du monde est celui de la nouvelle mosquée Hassan II à Casablanca, au Maroc, qui est de 210 mètres de hauteur. Votations populaires en Suisse le 29 novembre 2009 Le conseil fédéral vient de décider de soumettre l’initiative anti-minaret au vote populaire le 29 novembre 2009. Les positions se succèdent quant à la légitimité de cette initiative. Tout récemment, le parti évangélique suisse (PEV) a voté non à cette initiative lors de sa réunion du 20 juin 2009. C’est par 92 voix contre 29 que l’assemblée du PEV a refusé l’initiative anti-minarets. Le Parti des libéraux-radicaux a rejeté, également, l'initiative par 266 voix contre 4 lors de l'Assemblée des délégués réunie à Berne le 27 juin. Lire communiqués, positions de la société civile suisse…
Position des partis politiques
Parti Evangélique Suisse (PEV)Consigne de vote du PEV: Non
Le 20 juin 2009 à Winterthour, l'assemblée des délégués du PEV Suisse a decidé avec 92 contre 29 voix le "Non" à l'initiative contre les minarets. • Cette initiative n’est pas une solution. Un certain nombre de musulmans vivent en Suisse, c’est un fait. Ceux-ci sont ici et vont rester ici. Le plus important est que ces femmes et ces hommes s’intègrent et qu’ils respectent notre ordre juridique. L’initiative ne contribue pas à réaliser cela. • Le PEV ne souhaite pas de minarets. Cependant l’on ne peut pas interdire un bâtiment à une communauté religieuse et exclure ainsi les musulmans du principe de la liberté de religion. Les minarets doivent ainsi se soumettre aux réglementations sur la construction existantes et doivent dans des cas particuliers être jugés. • Combat contre les symptômes uniquement. Les minarets représentent un signe visible de l’Islam en Suisse. Néanmoins, ce n’est pas en rasant le haut de l’iceberg que celui-ci disparaît complètement. Ce sont les agissements qui se passent sous la surface qui contribuent le plus à l’islamisation, tels que les mariages forcés, les messages délivrés dans les mosquées ou dans les centres culturels, l’interdiction de conversion ou encore la Charia. Le nombre d’élèves montre que le véritable test de l’intégration des musulmanes et des musulmans se fait à l’école ! • L’initiative manque sa cible. Si l’on ne veut pas de musulmans ou si on estime qu’ils sont incapables de s’intégrer, il faut les expulser et non pas interdire les minarets. Cette initiative ne résout aucun des problèmes qui sont exposés pour la justifier : le pourcentage d’étrangers ne va pas être réduit, la Charia n’est pas interdite, la diffusion de l’Islam n’est pas freinée et la paix entre les religions n’est pas renforcée ! • Ne pas scier la branche sur laquelle on est assis : Les restrictions contre les minorités vont se retourner un jour ou l’autre contre les chrétiens (voir le débat concernant les enseignants chrétiens, les croix dans l’espace public, etc.) En lieu et place de cette initiative, le PEV préconise de : • appliquer le droit : appels à la violence, mariages forcés, excisions, la répression des femmes ou même l’application de la Charia ne sont pas tolérés. • Imposer le respect des valeurs de base : toutes les organisations musulmanes de Suisse doivent pouvoir s’identifier à une déclaration de principe et reconnaître ainsi que la liberté de religion est également valable pour les musulmanes et les musulmans qui souhaitent se convertir à une autre religion. Cette déclaration (voir par exemple celle du VIOZ, pdf en allemand) doit être disponible dans les langues officielles de la Suisse, en Arabe ainsi que dans les langues respectives des communautés présentes en Suisse. • Convenir d’objectifs d’intégration : une propension initiale à l’intégration doit être existante. Pour cela, la langue est essentielle: ceux qui désirent s’établir ici, doivent soit s’inscrire à des cours de langues, dans lesquels les valeurs de base, les droits et obligations en Suisse sont également abordés, ou alors posséder des connaissances adéquates. • Soutenir les responsables : Cela vaut essentiellement pour le personnel enseignant. Celui-ci a besoin de notre soutien. Les soirées de parents ou les entretiens, les cours de natation et les camps sont obligatoires pour tous. • Un nouvel article sur la religion dans la constitution, qui garantit que chacune et chacun est libre de choisir sa religion, de l’exercer sans entrave, de la professer, mais aussi d’en changer. Cet article devrait également énoncer la culture chrétienne de base de notre pays. • Vivre notre foi et notre culture chrétienne occidentale. Un christianisme vécu de manière convaincante est plus fort que tous les minarets. Un NON à l’initiative antiminarets ne signifie en aucune manière un droit à construire des minarets n’importe où, mais permet l’élaboration d’une solution qui prend en compte les questions centrales : l’intégration par la connaissance des langues, une reconnaissance publique de la liberté de religion et un article religieux constitutionnel formulé de manière positive.
Source : http://www.evppev.ch/index.php?id=115&L=1&tx_ttnews[tt_news]=10939&tx_ttnews[backPid]=8&cHash=5355197627 Parti libéral radical (PLR)
Communiqué:Préserver la paix confessionnelle
Le PLR.Les Libéraux-Radicaux s'oppose à l'initiative sur les minarets. Celle-ci met en danger la paix confessionnelle dans le pays, elle rendra plus difficile un contrôle de ce qui s'enseigne dans les lieux confessionnels et, enfin, elle va à l'encontre de l'objectif d'une meilleure intégration. Le Conseil national a été bien inspiré de rejeter nettement ce projet de modification de notre Constitution. La paix confessionnelle est une des grandes forces de notre pays, depuis 160 ans. Il faut la préserver avec grand soin. Proposer d'interdire les symboles de certaines religions en particulier, c'est mettre en danger cet équilibre. Voilà qui serait néfaste pour la cohésion nationale. Les Libéraux-Radicaux se battent par ailleurs en faveur d'un meilleur contrôle de ce qui est enseigné dans les lieux religieux. Il s'agit d'éviter toute dérive extrémiste dans les lieux religieux de Suisse. Un tel contrôle est une tâche élémentaire de protection de notre Etat et de nos valeurs constitutionnelles. Il est mieux assuré en ouvrant les lieux de culte et en les faisant dialoguer avec la société plutôt qu'en les stigmatisant et en les poussant dans la clandestinité. Enfin, les Libéraux-Radicaux sont convaincus qu'il est nécessaire de mener une véritable stratégie d'intégration au niveau national. Celle-ci doit notamment se faire par la collaboration des autorités locales avec les organisations d'étrangers. Stigmatiser une partie de celles-ci à travers une initiative qui vise un seul groupe religieux va à fins contraires et péjorera la situation. La question de la construction de minarets doit être encadrée par les règles strictes de l'aménagement du territoire au plan cantonal et local. Pour toutes ces raisons, le Groupe libéral-radical s'est fortement opposé à cette initiative. Il salue le refus très net du Conseil national par 129 voix contre 50. Berne, le 4 mars 2009 Contacts: • Fulvio Pelli, conseiller national, président du PLR, mobile 079 230 02 03 • Hugues Hiltpold, conseiller national, mobile 079 656 30 10 • Christian Wasserfallen, conseiller national, mobile 078 648 39 71 • Stefan Brupbacher, Secrétaire général, mobile 079 789 13 81 • Damien Cottier, Responsable de la communication, mobile 078 690 08 05 Groupe PDC-PEV-PVLCommuniqué publié le 05.06.2009Fort plaidoyer du PDC pour la liberté religieuse et contre les discriminations A l'instar du National, le Conseil des Etats a rejeté à une forte majorité l'initiative « Contre la construction de minarets » à la suite du débat d'aujourd'hui. Cette initiative prévoit d'inscrire une nouvelle disposition dans la constitution fédérale afin d'interdire la construction de minarets dans toute la Suisse. Par des propos convaincants, les représentants du PDC au Conseil des Etats ont donné un signal clair contre l'intolérance et la discrimination religieuse et ils ont ainsi contribué de manière déterminante au rejet de cette initiative.
L'initiative sur les minarets passe absolument à côté du problème. Une interdiction de la construction de lieux de culte, indépendamment de l'appartenance religieuse, n'est pas compatible avec la constitution. Les autorités assument correctement leur tâche et, pour ces lieux de culte ayant un caractère de constructions publiques, elles exigences des conditions-cadres contraignantes - en matière d'aménagement du territoire et autres – concernant leur usage et leur exploitation. Le fait que cette initiative, malgré des avis divergents au Conseil des Etats, ne va pas à l'encontre du droit international contraignant mais qu'elle porte atteinte aux droits de l'Homme garantis au niveau international et par la constitution fédérale, est plus problématique. Concrètement il en va de la liberté religieuse, du principe de non-discrimination ainsi que de la liberté de confessionnelle, de la liberté de croyance et de conscience. En tant que rapporteur de la commission, le Conseiller aux Etats Hansheiri Inderkum a fait remarquer que ce projet violait le principe de l'égalité devant la loi inscrit dans la constitution. « Il est évident que cette initiative n'est pas la bonne solution pour empêcher la diffusion de thèses fondamentalistes islamistes dans notre pays » relève Hansheiri Inderkum. Ce dernier a aussi mis l'accent sur le fait que les relations de la population suisse face aux autres religions étaient empreintes de tolérance et de respect. Et d'ajouter : « Nous ne voulons pas compromettre cette attitude avec une initiative préconisant l'exclusion. »
Elle porterait atteinte à la réputation de la Suisse sur le plan international Après les débats, le Conseil des Etats était majoritairement convaincu que l'initiative devait être déclarée valable mais qu'elle devait être clairement rejetée en raison de son contenu. Il a donc suivi sa commission préparatoire par 36 voix contre 3. Les représentant-e-s du PDC ont mis l'accent sur l'impact négatif que l'initiative aurait sur le plan international si elle devait être acceptée. L'image de la Suisse en souffrirait énormément et il serait très difficile de la redorer. Le Conseiller aux Etats Urs Schwaller relève qu'en cas de Oui à cette initiative ce n'est pas seulement la place de la Suisse sur la scène internationale qui serait affaiblie mais aussi sa réputation de pays tolérant préconisant le dialogue entre les nations et les cultures. « En matière de politique étrangère, nous nous isolerions encore davantage ce qui, dans le contexte actuel, serait absolument contreproductif » précise Urs Schwaller. Contacts: Urs Schwaller ONGs-associationsAssemblée générale d’Amnesty International à BerneInterdiction des minarets : non à une initiative diffamatoire Valérie Chetelat Berne, le 28 juin 2009. L’Assemblée générale de la Section suisse d’Amnesty International s’est prononcée à l’unanimité contre l’initiative anti-minarets. La présidente du Conseil national Chiara Simoneschi-Cortesi a plaidé devant les membres réunis à Berne en faveur de l’augmentation de l’aide suisse au développement. Les membres ont en outre exprimé leur solidarité envers la population civile qui manifeste en Iran. Les 200 membres de la Section suisse d’Amnesty International réunis en Assemblée générale les 27 et 28 juin 2009 à Berne ont recommandé à l’unanimité de rejeter l’initiative visant à interdire la construction de minarets en Suisse. « L’initiative se veut un rempart contre "l’islamisation rampante" de la Suisse mais elle jette le discrédit sur les musulmans et musulmanes de Suisse et les diffame purement et simplement », a souligné Daniel Bolomey, Secrétaire général de la Section suisse d’Amnesty International. « Pour les initiants, le problème n’est pas lié aux minarets. Ils veulent au contraire exploiter les craintes existant dans la population et attiser les sentiments xénophobes pour en tirer un profit politique. » L’organisation de défense des droits humains appelle le peuple suisse à défendre les valeurs fondamentales de notre société que sont la liberté, la diversité et la tolérance réciproque.
Lors d’une intervention dimanche devant l’Assemblée générale d’Amnesty International, la présidente du Conseil national Chiara Simoneschi-Cortesi a plaidé pour l’augmentation de l’aide suisse au développement : « Le 21e siècle risque de devenir le siècle de la faim. Face à ces perspectives effrayantes, notre aide au développement doit être augmentée le plus rapidement possible de 0.4% aux 0.5% du PNB décidés par le Parlement. Même avec cette augmentation, la Suisse est encore loin des 0.7% qu’elle devrait atteindre en 2015 en tant que pays riche. La Suisse s’est pourtant engagée officiellement et d’autres pays européens ont depuis longtemps réalisé cet objectif du Millénaire pour le développement », a déclaré Chiara Simoneschi-Cortesi. « Les pauvres ont besoin d’avocats forts. Je trouve extraordinaire qu’Amnesty International étende son engagement et veuille montrer que la pauvreté est la pire crise des droits humains. »
L’Assemblée générale d’Amnesty International a adopté une résolution demandant à la Suisse et à l’Union européenne de tout entreprendre pour que la politique européenne sur l’asile et la migration soit appliquée dans le respect des obligations en matière de droits humains. Elle a exhorté le Conseil fédéral à ne conclure aucun accord de réadmission avec des pays qui ne garantissent pas le principe de non-refoulement.
Les membres d’Amnesty International ont également témoigné leur solidarité envers la population civile iranienne qui manifeste pacifiquement, envers les centaines de personnes blessées et arrêtées pour avoir exprimé leur opinion et envers les proches des personnes tuées par les forces de sécurité. Ils ont demandé aux autorités iraniennes de cesser immédiatement de recourir à un usage disproportionné de la force et de libérer toutes les personnes arrêtées pour avoir manifesté pacifiquement. >>> Source |